LETTRE DE BALTHAZAR (38)

De Little Big Cay (Bahamas) à Patapsco River (Chesapeake, MD)

du Vendredi 27 Mai 2011 au Vendredi 3 Juin 2011

Dimanche 29 Mai 20H40 32°50’N 76°15’W. L’équipage dort. Je suis de quart jusqu’à minuit. BALTHAZAR avance doucement au près bon plein tribord amure sous une petite brise de force 3 sous un ciel constellé d’étoiles. Pourtant, malgré ce temps paisible et splendide qui prévaut depuis notre départ des Bahamas, l’eau est cabossée et la vitesse fond dépasse 9 nœuds. Non BALTHAZAR n’est pas devenu un coursier de la coupe America mais il se trouve dans la veine principale du Gulf Stream au large du Cape Fear. Ce courant est depuis plusieurs heures de 4 nœuds et va atteindre tout à l’heure 5 nœuds entre le Cape Fear et le Cape Hatteras. Je songe dans la nuit à ce fleuve gigantesque, d’une soixantaine de milles de largeur, d’environ 1200 m de profondeur que nous chevauchons. Il est difficile de réaliser la taille monstrueuse de son débit, les puissances de 10 ne vous diraient rien. C’est de l’ordre de soixante fois le débit de la Manche quand l’onde de marée de vives eaux la traverse. Mais pour servir de chauffage central à l’Europe occidentale et du Nord il faut bien mettre le paquet sinon on se les gèlerait et Paris aurait des hivers à -25° ou -30° comme à Québec.

Dans une ronde sans fin il fait le tour de l’anticyclone des Açores dans le sens des aiguilles d’une montre, poussé par les vents alizés au Sud, les vents d’Ouest au Nord. Tour à tour il s’appelle courant du Portugal, puis courant des Canaries, puis courant équatorial Nord, puis courant des Guyanes, le golfe du Mexique qui le reçoit et ne sait qu’en faire le réexpédie par le mince détroit entre les Bahamas et la Floride dans l’Atlantique Nord où il prend son nom officiel. Il longe alors la côte américaine incurvée d’abord vers l’Ouest au Nord du Cap Canaveral puis vers l’Est, des Carolines et de Virginie jusqu’au Cap Hatteras où la force de Coriolis qui le dévie constamment à droite l’expédie vers le NE de l’Atlantique.

J’ai eu l’opportunité de constater en me rendant au Spitsberg avec Marines qu’il exerce sa forte influence jusque là, où il se passe quelque chose de très important pour l’équilibre thermique de la Terre. Laissant en effet sa branche Sud boucler la boucle au large du golfe de Gascogne et du Portugal, il contourne par le Nord le Royaume Uni et l’Irlande qui lui barrent la route (il se désintéresse du ruisseau de 50m de profondeur que constitue la Manche) pour aller remonter la mer de Norvège jusqu’au Spitsberg. C’est grâce à lui que j’ai pu remonter avec Marines jusqu’à près de 80° de latitude Nord, soit à 1000 km du pôle seulement, alors qu’en Antarctique la banquise vous bloque peu après le cercle polaire (66°33’).

Mais que fait-il ensuite car l’eau doit bien aller quelque part ? Eh bien il coule car son eau qui s’est progressivement refroidie est nettement plus salée que l’eau locale adoucie par la fonte des glaces, il est donc plus dense. Il va donc descendre au voisinage du fond de l’océan arctique pour ressortir quelque 1000 ans plus tard dans l’océan antarctique créant un très lent mais non moins très important courant abyssal.

Je vous conseille de lire le petit livre d’Eric Orsenna « Gulf Stream » qui décrit bien avec la curiosité de son esprit, l’originalité de sa pensée et la qualité de sa plume ce grand régulateur du climat.

La veille de notre départ des Bahamas j’ai eu à réfléchir pour décider comment j’allais négocier avec lui la route de Balthazar. La tentation évidente est de sauter dès que possible sur ce tapis roulant filant à 4 ou 5 nœuds, voire plus dans le détroit de Floride et de se laisser porter jusqu’au Cap Hatteras. Mais l’imprudent capitaine qui ne s’assurerait pas avec une quasi-certitude qu’il n’aura pas de vent frais contraire au courant dans les quelques jours qui suivent pourrait se trouver en graves difficultés voir disparaître corps et biens, comme le montrent les mers chaotiques qui se lèvent instantanément dans le raz de Sein ou le Raz Blanchard chez nous si le vent y prend à rebrousse poil un fort courant de flot ou de jusant. Plus d’un yacht de la célèbre course NewPort/Bermudes s’y sont laissés prendre. Or comment être sûr de la météo sur plusieurs jours ? ou être sûr d’avoir le temps de sortir d’un fleuve de 60 milles de large lorsque l’arrivée d’orages locaux est annoncée pouvant générer des grains avec vents violents? En outre la prévision à 5 jours donne une dominante de vents d’Est à Nord Est. Je serais donc obligé de quitter le Gulf Stream qui m’aura fait rentrer très à l’Ouest de la route directe au large de la Géorgie et de tirer ensuite des bords à n’en plus finir vent de bout pour doubler le Cap Fear puis le Cap Hatteras qui s’avancent à l’Est dans l’Atlantique. Tirons donc une route directe sur le Cap Hatteras, presque plein Nord depuis Little Grand Cay, et laissons porter vers le Gulf Stream à l’Ouest,au voisinage du Cap Fear, si c’est le grand beau temps stable.

Vendredi 27 Mai 14h45 nous avions appareillé de Little Grand Cay par un temps superbe. La sortie dans les blue waters s’est faite par un cheminement délicat au milieu des Cays qu’il faut raser entre les bancs de sable. Adieu les Bahamas, ses gens accueillants, ses eaux turquoises et peu profondes et ses cays, bonjour les USA.

Marche tranquille au Petit Largue par vent faible et mer plate soutenue par un courant favorable de prés d’un nœud. Pendant la belle nuit étoilée une risée Perkins sera nécessaire quelques heures. Samedi au petit matin nous passons la latitude du Cap Canaveral que nous laissons à une centaine de milles à bâbord. Salut la NASA et l’US Air Force ! Adieu la navette spatiale américaine, très coûteuse fausse bonne idée de la NASA, qui sera retirée du service le mois prochain, sans successeur. Cela fait penser à l’aventure sans lendemain du Concorde, mais à l’échelle américaine. Quelle impasse et quelle humiliation pour cette superpuissance contrainte d’envoyer à bord des vieilles fusées russes Soyouz leurs fiers astronautes se rendant à bord de la station spatiale internationale. Heureusement que l’USAF a gardé les pieds sur terre et ne s’est pas laissée grisée comme la NASA par le très remarquable succès du débarquement de l’Homme sur la Lune ; elle a poursuivi prudemment, comme nous le faisons avec ARIANE, la construction des fusées américaines classiques qui lancent actuellement leurs gros satellites militaires ou les satellites gouvernementaux (sciences, météorologie, observation de la Terre).

Bingo ! La météo confirme un beau temps stable, les orages isolés sont près de la côte et plutôt au SW du côté de la Floride, la brise ne dépasse pas 10 nœuds, commençons à infléchir doucement notre route vers le Gulf Stream en visant le Cap Fear (noter que ce nom rappelle que l’on peut se faire de grandes frayeurs dans le Gulf Stream qui y passe à plein pot).

Au petit déjeuner de Samedi Eckard nous dévoile une belle plaie propre qui ne suinte plus et va commencer à sécher à l’air libre. Son front commence à être à nouveau regardable. On le chambre un peu car le sang est descendu discrètement sous la peau lui dessinant deux beaux coquards sous la poche des yeux. Eckard, fais gaffe ça va peut-être descendre jusqu’aux bijoux de famille !

Dimanche 29 Mai. Nous sommes vraiment entrés dans le Gulf Stream, le gain de vitesse passe rapidement de 1 nœud à 3,5 nœuds puis 4 nœuds maintenant, la température de l’eau de mer est montée à 28° et l’atmosphère est devenue plus humide. Le baromètre monte régulièrement confirmant les hautes pressions annoncées. Allons y donc et mettons nous franchement sur le dos de l’animal (j’aime bien cette expression d’Homère qui disait d’Ulysse et ses compagnons : « c’est alors qu’ils partirent sur le dos de la mer ». C’est effectivement la mer qui porte les bateaux depuis Archimède, et Homère se doutait peut-être déjà aussi de sa rotondité).

Lundi 30 Mai 3h du matin. Mimiche vient me réveiller pour me dire qu’il n’y a plus de vent. Impression bizarre de voir le bateau se traîner à 1,5 noeud, voiles battantes, et en même temps de voir le GPS afficher 6,5 nœuds. On ne va quand même pas rester à dériver comme une barrique. A rouler le génois et moteur au ralenti 1000 Trs/mn. La vitesse sur le fond grimpe tout de suite à 10 nœuds plus. Il va falloir déjà penser à mettre bientôt le clignotant à gauche sous peine d’être expédié au milieu de l’Atlantique.

Lundi toujours, 7H17 par 34°10’N 75°31’W. J’ai repris mon quart. Le courant encore très fort (3,6 Nds) a commencé à faiblir depuis son maximum car nous nous portons progressivement à gauche de la veine principale. Après avoir remis à la voile vers 10h du matin il nous faut marcher en crabe avec plus de 20° de déviation du cap par rapport à la route fond pour nous extirper du monstre.

A midi fermeture du NAVNET car les cartes électroniques C-Map ne couvrent pas les côtes américaines en détail. Mise en route, sur le PC de secours, du système de navigation Maxsea qui ouvre les cartes raster de la NOAA que j’ai chargées sur une clé USB à la marina de Paradise Island.

36°12’N 75°00W 15 h, travers du Cap Hatteras à une vingtaine de milles. Laissons le Gulf Stream poursuivre sa course vers le NE dans l’Atlantique et mettons le cap au NNW pour commencer l’approche de l’entrée de Chesapeake Bay.

Vers 16h les premières radios FM américaines résonnent dans le cockpit. L’une est celle de la petite ville de Kitty Hawk dont nous avons la plage à une quinzaine de milles par le travers bâbord. C’est de cette plage que s’envolèrent pour la première fois les frères Wright le 17 Décembre 1903, revendiquant le premier vol propulsé d’un aéronef plus lourd que l’air. Mais c’est oublier que l’ingénieur français de l’aéronautique Clément Ader réussissait à faire décoller son engin du sol dès 1890, sur seulement quelques dizaines de mètres il est vrai. Cocorico ! Et il ne resta pas ensuite les deux pieds dans un sabot jusqu’en 1903. Les Américains avaient déjà le sens de la com ! Toujours les FIRST !

Mardi 31 Mai 5h par 36°36’N 75°38’W Eckard me réveille pour assurer la relève du quart. La petite brise sur l’arrière du travers qui nous a bien amenés jusqu’ici refuse et faiblit encore. A rouler le génois. Nous avançons au lever du jour au moteur sur une mer lisse à peine ridée, sous le vent de la côte Nord de Virginie. Cette nuit nous pouvions voir le halo de ses lumières sous l’horizon. La température de la mer est descendue à 22°, au revoir Gulf Stream, à nous les eaux tempérées et un peu de fraîcheur bienvenue.

9h Petit déjeuner alors que l’on longe le chenal d’entrée en eaux profondes de Chesapeake par un temps ensoleillé mais brumeux. Mesdames il ne vous reste plus que quelques minutes pour faire vos petites affaires. En effet aux USA il faut impérativement fermer et attacher sérieusement les passe coques des eaux noires et des eaux grises lorsqu’on franchit la limite des trois milles des côtes. Si les Coast Guards font un contrôle inopiné attention au niveau de l’amende agrémenté du plombage des passe coques. Quand on sait que jeter un mouchoir en papier par la glace de sa voiture sur une autoroute peut coûter suivant les Etats plus de 1000 USD (voir les panneaux au bord des autoroutes) ça doit être chaud pour les eaux noires ! Et avec eux on ne discute pas : « Don’t argue with me. You will do it with the judge ». Passons donc sur l’autonomie limitée (48h environ) de nos réservoirs de stockage des eaux noires. Après il faut pomper, par les moyens de la marina ou d’un bateau que l’on appelle par VHF, par un nable spécial sur le pont. Je ne l’ai encore jamais expérimenté. Vamos a ver (et à sentir !).

Croisons une forêt de cargos au mouillage à l’abri du Cape Henry qui garde au Sud l’entrée de Chesapeake, cap que nous doublons maintenant par le travers à 1,5 mille.

9h42 par 36°59’N 76°07’W nous passons au-dessus du tunnel dans lequel s’enfonce les voitures sous la mer depuis la route sur pilotis qui franchit au total les 25 km de largeur de l’embouchure de la Chesapeake. Eckard qui l’a déjà emprunté au volant de la corvette rutilante qu’il avait à l’époque de son séjour de plusieurs années au bureau Arianespace de Washington (il avait aussi un chapeau à larges bord, une chemise noire à cordon et des bottes, un vrai Easy Rider !) nous dit que c’est quand même surprenant de plonger sous la mer en voiture. Un parking permet de chaque côté de faire demi tour des fois qu’un claustrophobe fasse un refus de descente de dernière minute !

Un chenal balisé dragué à 2,5 m zigzague entre les bancs de sable et nous amène à l’embouchure de la Hampton River, Virginia. Le carillon de l’Université de Hampton, construite en briques rouges, très british au milieu de ses arbres et de ses greens, qui se trouve juste en face sur l’autre rive, pique 13 heures lorsque nous accostons dans le Blue Waters Yachting center, une des marinas de cette petite ville historique (c’est ici que les premiers colons anglais débarquèrent en 1610 pour coloniser ensuite Chesapeake en se battant contre les Indiens qui occupaient ses rives) par 37°01’N 76°20’W. Nous nous trouvons tout près du grand port de Norfolk où est basée la flotte atlantique de l’US Navy dont nous apercevons au loin les porte avions et autres croiseurs et bâtiments lance-missiles.

En attendant, pavillon jaune demandant la clearance hissé à bâbord (la bannière étoilée flottant au niveau des barres de flèche à tribord), le représentant officiel des Customs et immigrations annoncé pour 16h nous n’avons pas le droit de débarquer à terre. Nous en profitons pour déjeuner et faire une bonne sieste pour récupérer de cette traversée de 650 ,milles.

Voilà qu’arrive un représentant typique de cette grande organisation des douanes et protection des frontières : un solide gaillard gros et gras, arborant plein d’écussons magnifiques, portant beau, la ceinture remplie d’objets suspendus dans des étuis en cuir (revolver, matraque, portable, et trois autres étuis mystérieux). Il s’appelle « France » comme c’est indiqué sur la barrette qu’il porte fièrement sur sa poitrine et est capable de faire des phrases complètes en français. Une heure de papiers et de formalités après (remplis sur la table du cockpit) nous sommes soulagés d’apprendre que nous sommes pardonnés de n’avoir chacun(e) qu’un « ESTA », (Electronic System for Travel Authorization) qui dispense le voyageur normal arrivant aux US par ligne aérienne ou maritime de visa (tout au moins ceux originaires des pays éligibles), mais pas les gens suspects arrivant par avion ou yachts privés qui eux doivent impérativement avoir un visa en bonne et due forme ! Il est vrai, comme nous l’expliquons, que le site Internet de l’ambassade des USA à Paris ne le précise pas et notre bonne foi est acceptée par France avec un large sourire, celui-ci nous délivrant nos visas avec la superbe boîte de tampons qu’il sort de sa serviette.

Pour nous remettre de cette traversée, de la chaleur pesante qui nous enveloppe et de ces formalités quoi de mieux qu’un plongeon dans la piscine de la marina.

Mercredi 1er Juin 19H Nous sommes accueillis dans un cadre bucolique à la Dozier Marina ( 37°34’N 76°19’W) par Don, un homme fort sympathique ravi d’accueillir des français. Après cette étape dans cette immense Chesapeake Bay (ne voyant pas la rive d’en face éloignée de quelques milles dans une atmosphère vaporeuse on a l’impression d’être en mer et de doubler des caps, la distance totale de Chesapeake City tout au Nord, à l’entrée du grand canal la reliant à la Delaware river, à Portsmouth, tout au Sud, à l’entrée de l’Intercoastal Waterway, et à côté de Norfolk, est de 178 milles nautiques !) nous sommes très heureux d’aller à nouveau barboter dans la piscine de cette marina chaleureuse et impeccable. Nous sommes en pleine campagne, au milieu de canards, d’oies bernaches et autres oiseaux, dans une de ces très nombreuses petites creeks ou rivers que recèle Chesapeake Bay, dans un paysage de verdure et de forêts.

La navigation dans la Bay nécessite de l’attention car ici aussi les fonds sont peu importants et les bancs de sable nombreux. L’approche des creeks se fait le plus souvent en suivant de près un chenal balisé, dérive relevée pour passer des seuils de 2 m voire moins. Il faut en outre éviter l’infinité de casiers à crabes, grande spécialité du lieu, qui encombrent l’approche de ses rives.

Si la navigation dans la Bay elle-même est un peu monotone on peut passer des semaines à explorer ses rives très découpées et couvertes de forêts.

Les noms des nombreux fleuves et rivières qui s’y jettent ont gardé pour beaucoup d’entre eux leur nom indien :Susquehanna, Potomac, Rappahannock, Nanticoke, Pocomoke,…

Pour les Américains cette baie est chargée d’histoire : berceau de l’esclavage aux USA, la disposition des lieux étant favorable à d’immenses plantations de tabac, mais surtout histoire de la guerre d’indépendance.

On ne peut pas ne pas évoquer en particulier en passant devant Yorktown et la York river la fameuse bataille qui s’y déroula du 28 septembre au 17 Octobre 1781. L’amiral de Grasse arrivant des Antilles à la tête d’une puissante flotte de 28 navires y défait la flotte britannique. D’un côté on trouve 7500 Britanniques commandés par Lord Cornwallis et de l’autre 8800 insurgés américains commandés par Georges Washington, 6000 hommes du corps expéditionnaire français commandés par le comte de Rochambeau et 4800 volontaires de La Fayette commandés par le Colonel Armand. La flotte française fait le blocus du port de Yorktown et empêche tout ravitaillement des Britanniques par la mer. Cornwallis doit capituler. Cette victoire, à laquelle on constate que les français ont contribué d’une manière déterminante (et pas seulement d’appoint comme je le croyais), est décisive pour conduire à l’indépendance car, à l’issue de cette défaite, le gouvernement anglais est renversé et son successeur est favorable à la paix.

Jeudi 2 juin . Après une longue journée de navigation malheureusement au moteur nous allons mouiller au coucher du soleil dans la Mill Creek, petite rivière tranquille qui se jette dans la Patuxent River devant Solomon Island ; l’endroit est charmant et paisible

Vendredi 3 Juin. Lever à 5h30 ; Il nous faut appareiller tôt car la Pleasure Cove Marina où je vais laisser BALTHAZAR à sec nous a donné une heure limite de 15h pour sortir le bateau de l’eau avant le weekend. Après être passé sous l’impressionnant Middle Bay Bridges (il y en a deux, un pour chaque sens !) nous embouquons la large Patapsco River (qui mène au port de Baltimore) puis tout de suite sur bâbord la petite Bodkin Creek qui s’enfonce sur plusieurs milles en sinuant dans les frondaisons. Nous arrivons pour entrer directement dans les sangles du travelift de 100 tonnes flambant neuf qui met dans la foulée BALTHAZAR à terre. Ce dernier a en effet besoin d’un carénage et du renouvellement de ses anodes après son long périple en Amérique du Sud et en Antarctique.

Rangements, ménage, piscine. Le soir dîner sur la terrasse en bois du Crab restaurant, à deux mètres de l’étrave de BALTHAZAR ; l’équipage sacrifie au rituel de l’endroit et décortique, à coups de marteaux en bois et avec les mains, des crabes de la baie. Seul le Capitaine, peu motivé par l’effort nécessaire pour extraire à chaque fois quelques millimètres cubes de chair qu’il apprécie peu, craque pour un sirloin steack avec des french fries.

Demain nous laisserons BALTHAZAR se reposer deux mois et demi sur son ber avant de nous diriger vers New York, les côtes du Maine et Québec.

Aux parents et ami(e)s qui nous font la gentillesse de s’intéresser à nos aventures nautiques.

Equipage de Balthazar : Jean-Pierre, Eckard (Weinrich) et Nicole (Delaitre), Mimiche (Durand)